Avant d’être associée au bien-être ou au développement personnel, l’hypnose a longtemps été un outil essentiellement médical et opératoire.
Jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle et au tout début des années 1900, on estime que plus de 90 % des usages de l’hypnose concernaient la médecine, la chirurgie et la gestion de la douleur, et seulement une minorité relevaient de l’accompagnement psychologique.
À cette époque, l’hypnose était utilisée pour des interventions chirurgicales, des accouchements, des soins invasifs et la gestion de douleurs importantes. Les états hypnotiques profonds permettaient déjà une diminution marquée de la perception douloureuse et une grande stabilité émotionnelle chez les patients.
L’arrivée de l’éther, puis du chloroforme et des anesthésies chimiques modernes, a profondément modifié cette pratique. Progressivement, l’hypnose a été reléguée au second plan dans le champ médical, avant de se recentrer presque exclusivement sur des usages psychologiques et comportementaux.
Aujourd’hui, la proportion s’est inversée : l’hypnose est majoritairement perçue comme un outil de gestion du stress, des émotions ou des habitudes, et beaucoup plus rarement comme une approche liée à la douleur ou aux soins.
Pourtant, les choses évoluent. Depuis plusieurs années, l’hypnose retrouve peu à peu sa place dans les soins de support, la gestion de la douleur, l’accompagnement opératoire, dentaire ou oncologique. Cette réintégration repose sur une redécouverte des états hypnotiques profonds, ceux-là mêmes qui étaient utilisés historiquement.
L’hypnose profonde permet une déconnexion sensorielle réelle, un ralentissement marqué du mental et une mise au repos du système nerveux. Ce sont précisément ces états, longtemps mis de côté, qui rendent à l’hypnose son potentiel d’accompagnement corporel.
Revenir à cette profondeur, ce n’est pas revenir en arrière.
C’est reconnecter une pratique ancienne à une compréhension moderne du corps, de la douleur et de la conscience.