L’hypnose est souvent perçue comme une technique moderne, parfois mystérieuse, parfois spectaculaire.
En réalité, elle est aussi ancienne que l’humanité elle-même.
Avant d’être nommée, étudiée ou encadrée, l’hypnose était déjà vécue sous forme d’états modifiés de conscience : rêverie, absorption, extase, transe, dissociation, immobilité profonde.
Cette revue propose un parcours historique clair de l’hypnose, de ses racines naturelles et spirituelles jusqu’à ses formes contemporaines, notamment l’hypnose profonde, aujourd’hui utilisée dans l’accompagnement du stress, de la douleur et des états extrêmes.
Bien avant la science, les civilisations anciennes utilisaient des états de conscience modifiés à des fins de :
guérison,
vision intérieure,
rites de passage,
soulagement de la douleur.
On les retrouve chez :
les chamans,
les prêtres égyptiens (temples du sommeil),
les guérisseurs antiques,
les traditions méditatives orientales.
Ces états reposaient déjà sur :
la focalisation de l’attention,
le ralentissement du mental,
la déconnexion sensorielle,
l’accès aux ressources internes.
L’hypnose n’est donc pas une invention :
c’est une capacité naturelle du cerveau humain.
L’histoire moderne de l’hypnose commence avec Mesmer.
Même s’il parlait de magnétisme animal, ses pratiques induisaient clairement des états de transe profonde.
Ses patients entraient en :
immobilité,
analgésie,
dissociation,
états de conscience modifiée.
C’est à cette période que l’on comprend que :
l’esprit peut influencer le corps,
la douleur peut être modulée,
la conscience peut changer d’état.
Mesmer ne nomme pas encore l’hypnose, mais il en ouvre la porte.
James Braid est le premier à employer le terme hypnose (du grec hypnos, sommeil).
Il démontre que :
l’hypnose n’est pas du sommeil,
elle repose sur la concentration de l’attention,
elle peut être induite sans magnétisme.
Il marque une rupture fondamentale : l’hypnose devient un phénomène psychologique, non énergétique.
À Paris, Charcot étudie l’hypnose chez les patientes hystériques. Il la considère comme un état pathologique, reproductible et observable.
Même si cette vision est aujourd’hui dépassée, elle permet :
l’entrée de l’hypnose dans le champ médical,
sa reconnaissance scientifique,
son étude neurologique.
Bernheim introduit une idée clé : l’hypnose repose sur la suggestion, pas sur une pathologie.
Il démontre que :
tout le monde est suggestible,
l’hypnose peut être douce,
la parole a un pouvoir thérapeutique.
Cette approche est à l’origine de nombreuses formes d’hypnose actuelles.
Milton Erickson révolutionne l’hypnose.
Il rompt avec les inductions autoritaires et développe :
une hypnose souple,
indirecte,
personnalisée,
respectueuse de l’inconscient.
L’hypnose ericksonienne devient la forme la plus répandue en psychothérapie.
Elle est utilisée pour :
le stress,
les phobies,
les addictions,
les troubles émotionnels.
À côté des formes d’hypnose les plus connues, il existe une approche plus discrète, mais tout aussi essentielle : l’hypnose profonde.
Depuis longtemps, certains praticiens ont observé que l’être humain est capable d’entrer dans des états de conscience très profonds, où l’attention se tourne entièrement vers l’intérieur.
Dans ces moments, les perceptions extérieures s’estompent naturellement, laissant place à une sensation de calme, de sécurité et de relâchement global.
Ces états peuvent se manifester par :
une forte diminution des sensations extérieures,
une atténuation importante de la perception de la douleur,
un ralentissement naturel du rythme du corps (respiration, tension musculaire),
une impression de repos profond, parfois difficile à comparer à un état habituel de veille.
Aujourd’hui, ces états de conscience font l’objet d’un intérêt renouvelé, notamment pour :
l’accompagnement des douleurs intenses ou persistantes,
le soutien lors de situations physiquement ou émotionnellement exigeantes,
la récupération profonde du corps et de l’esprit,
l’apprentissage de formes d’auto-hypnose favorisant l’autonomie et l’apaisement durable.
Aujourd’hui, l’hypnose se décline en plusieurs courants complémentaires :
Hypnose classique (directe, structurée)
Hypnose ericksonienne (souple, indirecte)
Nouvelle hypnose / PNL
Hypnose médicale (douleur, soins, anesthésie)
Hypnose profonde
Auto-hypnose (autonomie et régulation)
L’hypnose moderne n’est plus un outil de contrôle.
Elle est reconnue comme :
une capacité naturelle du cerveau,
un outil de régulation du système nerveux,
un moyen d’accès aux ressources profondes.
L’hypnose ne fait rien à la personne. Elle permet à la personne de faire autrement, depuis l’intérieur.
L’hypnose s’inscrit dans une démarche d’accompagnement et de bien-être.
Elle ne remplace ni un diagnostic médical, ni un traitement, et s’exerce dans le respect de la personne et de son parcours.